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ÇA SUFFIT ! Un temps pour se taire…Un temps pour répondre

Le 15 février dernier, La Presse a publié un article intitulé « Une naturopathe coupable d’avoir usurpé le titre de psychothérapeute ». Selon ce qu’on peut lire dans cet article, l’Ordre des psychologues du Québec (OPQ) se réjouit d’avoir pu tester une loi en piégeant une naturopathe nommé « la fausse thérapeute » … par un faux client.

Un article qui n’est pas passé inaperçu dans le monde de la psychothérapie, de la relation d’aide et du coaching où il en laisse plusieurs perplexes. Étant présidente d’un centre de formation professionnelle en relations humaines qui forme à la relation d’aide et au coaching (CFPRH), je me sens concernée.

Ressentant un malaise profond, une question revenait sans cesse dans mes pensées… « Que vas-tu faire avec ça, Lise Marie ? »

Un article comme celui-ci, a des conséquences graves sur le travail de milliers de personnes : on y relate certains faits provenant d’une situation précise en généralisant la problématique. Ce qui laisse sous entendre qu’il y a des bons et des méchants ; les psychothérapeutes versus les autres thérapeutes.  On peut s’interroger sur l’intention derrière ; est-ce, en partie, pour faire sensation, obtenir quelques clics sur Internet ou d’informer le public ?  Pour ma part j’ai quelques doutes.

Ces quelques faits rapportés permettent de comprendre que des centaines de signalements ont été faits à l’OPQ et que des plaintes font présentement l’objet d’une enquête. L’une des conséquences à ne pas relativiser ces faits, même s’il faut reconnaître l’importance d’être bien informé, consiste à engendrer une peur et une méfiance envers les gens travaillant dans les domaines liés à la relation d’aide et au coaching. Ainsi, le grand public ne sait plus à qui faire confiance. Il importe aussi de comprendre que ces faits ne représentent qu’un seul côté d’une médaille ayant plus de deux faces. La réalité est que … une seule personne a reçu un verdict de culpabilité en cour depuis juin 2012, date d’entrée en vigueur de la loi 21.

La loi 21

On peut également  lire que la plupart des signalements proviennent du grand public parce qu’ils connaissent la loi 21 ; loi qui règlemente le titre de psychothérapeute ainsi que la pratique  de la psychothérapie. En fait, avoir entendu parler d’une loi à travers les médias et en connaître son contenu est deux choses bien différentes. Les personnes concernées par cette loi ont à l’étudier en profondeur pour la comprendre.

En effet, en raison de mon travail, j’ai eu à m’y attarder. Si aujourd’hui je connais très bien la loi 21 et en saisi les nuances fines, c’est que j’ai l’ai décortiquée, et étudiée sous tous les angles depuis qu’elle est en vigueur. J’ai eu des dizaines de discussions avec l’Ordre des psychologues, concernant la définition de la psychothérapie et son interprétation afin d’enseigner les nuances à comprendre.  Je m’y suis intéressée de près avant même qu’elle ne soit adoptée, depuis le rapport du comité d’experts de 2005.

En 2015, j’ai coanimé plusieurs ateliers d’information avec une avocate afin d’informer les personnes concernées par cette loi dans leurs activités professionnelles. L’objectif premier était de les rassurer en ce qui a trait à leur métier d’accompagnement, c’est-à-dire que peu importe leur approche, il est possible de la modifier afin d’être conforme. Dans un esprit de collaboration, nous avons ouvert ces ateliers à tous et invité toutes les écoles de relation d’aide et de coaching ainsi que les différentes associations professionnelles.

Nous avons fait pour nos étudiants du CFPRH une formation de mise à niveau, afin d’enseigner les nuances fines entre la relation d’aide, le coaching et la psychothérapie; comme la plupart des écoles d’ailleurs. Il importait surtout de comprendre que les interventions à utiliser auprès d’un client accompagné ne peuvent pas relever de la psychothérapie.

Je suis concernée d’un point de vue professionnel, mais aussi d’un point de vue personnel par ce qui ce passe depuis l’adoption de cette loi. Et c’est la raison pour laquelle je suis régulièrement en contact avec l’OPQ à ce sujet. Me tenir informée nécessite du temps. Cela permet néanmoins de nuancer davantage les différentes pratiques et ça, c’est ce qui m’importe. J’ai le souci de la rigueur et de la transparence. J’ai à coeur de mettre à jour ma pratique professionnelle et d’en assurer la pérennité.

Mon intention aujourd’hui n’est pas d’expliquer cette loi ni de donner un cours à son sujet, bien que celle-ci, malheureusement, laisse encore de grandes zones d’ombres dans tout le débat qui l’entoure. Je me fais plutôt un devoir d’informer et de remettre en perspective un article qui peut être mal interprété et lancer ainsi un message qui déforme la réalité, voire s’en éloigner.

J’aimerais rassurer le grand public sur le fait que : la relation d’aide et le coaching sont des pratiques légales, utiles et aidantes qui apportent des résultats concrets ; la plupart des personnes offrant des services d’accompagnement respectent, quant à elles, un code d’éthique et de déontologie. Ces pratiques qui sont de plus en plus en demande ont leur place dans le monde de l’accompagnement.

Je veux aussi rassurer les personnes qui pratiquent professionnellement un métier d’accompagnement (thérapeutes, coachs ou professionnels…) et leur dire qu’il est tout à fait possible d’avoir du succès en même temps qu’une pratique conforme. Informez-vous de vos droits, de ceux de vos clients et des lois en vigueur, en l’occurrence, la loi 21. Comprendre cette loi aide à nuancer son approche, à structurer sa pratique et, surtout, à établir les limites des interventions réservées. *

À la lecture de l’article de La Presse, on pourrait  penser qu’une personne n’ayant pas le titre officiel de « psychothérapeute » est dangereuse…

Et c’est dommage, car cela ne reflète pas la réalité. Il existe des centaines de bons thérapeutes et de coachs très bien formés, qui sont compétents et ont aidé des milliers de personnes. Je ne connais aucun coach ni aucun thérapeute ayant décidé de faire ce travail avec de mauvaises intentions. Cependant, j’en ai rencontré qui ne sont pas conscients du tort qu’ils peuvent causer. C’est pour cette raison qu’il faut s’informer, savoir à qui on a affaire. Dans tous les domaines, il y a des professionnels qui causent des torts, y compris chez les psychologues, les médecins, les politiciens, les représentants de religion, les enseignants…

Les journalistes donnent parfois dans le sensationnalisme, oubliant, malgré leur code de déontologie, que leur perception n’englobe pas tous les points de vue et ne rend pas justice à la réalité de 100% des personnes impliquées dans le domaine dont ils parlent. En lisant  cet article, on pourrait penser que tous les naturopathes sont des menteurs ou des charlatans et tentent d’arnaquer les gens en se faisant passer pour des psychothérapeutes, par exemple ! Il met l’accent sur un ordre professionnel qui divulgue des informations d’enquête, qui se réjouit d’avoir pris au piège une thérapeute avec un faux client et d’avoir prouvé la validité de la définition d’une loi qui n’avait encore jamais été testée en cour…  Je suis loin d’être convaincue que tous ceux qui font partie de l’Ordre de psychologues du Québec se réjouissent de cet article. Un article comme celui-là nourrit l’impression qu’on est encore au temps de la chasse aux sorcières et qu’on lapide les contrevenants sur la place publique.

Il me semble que le temps est venu d’envoyer un autre message, comme un appel à tous pour demander la collaboration de toutes les personnes concernées, et ce, avec des intentions bienveillantes. Aujourd’hui, je m’interroge, probablement comme plusieurs personnes, sur la meilleure façon de faire respecter la loi et de ne pas nuire à la réputation des thérapeutes, coachs et autres métiers d’accompagnement.

Je ne suis pas contre la loi 21, au contraire, elle a son importance. Je suis avant tout pour la collaboration et pour une société où tous les métiers d’accompagnement ont leur place.

La loi 21 réglemente le titre de psychothérapeute et l’acte de la psychothérapie depuis son adoption à l’Assemblée nationale du Québec en juin 2009. Trois ans plus tard, les dispositions de la loi concernant la psychothérapie entraient en vigueur et ceux et celles qui répondaient aux exigences avaient deux ans, soit jusqu’au 21 juin 2014, pour se prévaloir du titre de psychothérapeute.  Le gouvernement du Québec a mandaté l’Ordre des psychologues du Québec quant à l’application de cette loi. Ainsi, l’Ordre s’est manifesté en ce sens. Cette loi, je vous recommande d’en prendre connaissance même s’il est très ardu d’en comprendre toutes les subtilités. L’intention évidente, derrière cette loi, est la protection du public.

J’ai moi-même été témoin de son importance. Il faut des limites, un cadre structurant pour favoriser la conscience de l’impact d’une personne sur une autre, dans une relation d’aide et accompagnement de tout genre. Cela implique parfois une personne vulnérable en recherche d’aide et possiblement moins alerte à détecter une personne qui abusera de sa naïveté ou de sa vulnérabilité. Sinon, il est possible qu’un professionnel n’ayant pas la formation adéquate tente des interventions qui ne relèvent pas de son champ d’expertise et commette des erreurs en ce qui a trait à la santé mentale du client.

Il importe donc de se conformer aux énoncés de cette loi dans notre pratique. Ce qui est intéressant, dans cette loi, c’est la nuance qu’elle instaure en mettant en lumière les différentes professions et les différents métiers d’accompagnement. Il y a la psychothérapie, la relation d’aide, le coaching, l’intervention, l’accompagnement… Il existe des interventions qui, même si elles s’en approchent , ne sont pas pour autant de la psychothérapie : l’intervention de soutien, l’intervention conjugale et familiale, l’éducation psychologique, la réadaptation, le suivi clinique/relation d’aide, le coaching, l’intervention de crise, etc.

Avant 2012, tout le monde pouvait prendre le titre de psychothérapeute et plusieurs pratiquaient « officiellement » de la « psychothérapie ». Il est possible que plusieurs thérapeutes et coachs ayant été formés avant cette date aient appris des méthodes d’intervention appartenant à la psychothérapie. Si vous n’avez pas eu de mise à niveau ou encore si vous ne suivez pas de formation continue dans votre pratique, vous pourriez, sans aucune mauvaise intention, contrevenir à certains éléments de la loi 21. En ce sens, comme il est mentionné, la plupart des signalements sont fondés et plusieurs personnes ne savent pas qu’elles contreviennent à la loi. Quand elles le réalisent, elles s’engagent à se conformer.  Être informé, c’est connaître ses droits, prendre conscience de son impact et être responsable.

LA RELATION D’AIDE ET LE COACHING

Un bon accompagnement qui est aidant et propulsant ne relève pas toujours de la psychothérapie. Un bon thérapeute ou un bon coach peut nous aider à traverser les épreuves de la vie courante, à revenir dans sa puissance, à prendre la responsabilité de sa vie, à retrouver sa motivation, à nous fixer des objectifs de vie et à les atteindre, à retrouver le bonheur, la joie ou sa source ; cet accompagnant doit connaître les interventions à faire et celles à ne pas faire. Il ne s’agit pas simplement de connaître le langage ! Être aidant dans les limites de ce qui est permis va bien au-delà du vocabulaire !

Néanmoins, évitons de propager la peur de toutes les formes d’aide au regard d’une condamnation pour des actes jugés répréhensibles. Prétendre qu’on est psychothérapeute alors qu’on ne l’est pas, c’est clairement contraire à la loi 21 et à l’éthique professionnelle. On ne peut utiliser des interventions réservées à ce domaine, car on pourrait causer plus de tort que de bien aux clients.

Relativisons un peu ! Un article comme celui-ci fait du mal à toute une communauté d’accompagnants et de professionnels aguerris qui exercent, pour la plupart, avec les pratiques les plus à jour de leur domaine. De même, s’il n’informe pas le public à propos de ce qu’il peut faire, il le protège encore moins. Certains lecteurs seront heureux de le lire en repensant à leur sentiment d’avoir été escroqués, manipulés ou mal accompagnés. D’autres seront apeurés et, malheureusement, se priveront d’aller consulter un expert compétent et consciencieux s’il n’est pas psychothérapeute.

Le plus important, selon moi, est d’informer le public sur les ressources disponibles. Pourquoi ne pas avoir indiqué les critères permettant de s’assurer que la personne a reçu une bonne formation, une formation authentique ? Comment s’assurer que ce professionnel met à jour ses pratiques en faisant de la formation continue, également ?  Je fais partie de ceux qui croient qu’il faut être adéquatement supervisé et mentoré pour accompagner des personnes qui risquent de vous donner accès à leur monde émotif, à tout leur être vulnérable.

J’ai un défi, pour les journalistes : faites une enquête sur les bons thérapeutes et les bienfaits qu’il en ressort. Parlez des différentes approches, recueillez de nombreux témoignages en faisant appel à tous, et non pas seulement à cinq ou six personnes, afin de brosser un portrait juste de la satisfaction des clients à l’égard du travail des thérapeutes et des coachs professionnels.

J’aimerais que toutes les personnes qui ont eu recours aux services d’un thérapeute ou coach et qui sont satisfaites s’expriment.  Pour ma part, je veux garder ma liberté de choisir par qui je vais me faire accompagner, et ce, dans tous les domaines. Je veux aussi pouvoir choisir qui j’accompagne. La relation d’aide passe par la connexion humaine et il faut pouvoir installer un lien de confiance afin de permettre à l’autre de progresser. Il faut aussi que l’autre soit libre de mettre fin à cette aide au moment voulu.

En terminant, j’invite les thérapeutes, coachs et accompagnants professionnels de tous genres à contacter l’OPQ si vous avez des doutes quant à votre pratique.  Le message de l’OPQ est que la collaboration est possible. N’hésitez pas à demander de l’aide pour comprendre une lettre que l’OPQ vous aurait fait parvenir. Sachez que si, par contre, vous ne donnez pas suite à leur demande, il pourrait y avoir des représailles.

Si pour une raison ou pour une autre vous ne vous sentez pas à l’aise de contacter directement l’Ordre des psychologues, je peux comprendre, ça peut faire peur… Mais ne restez pas isolé. Prenez contact, d’abord, avec l’école qui vous a formé, votre association ou un professionnel pouvant vous accompagner, comme un avocat.

Si vous êtes un client

J’aimerais rassurer le grand public qu’il y a des thérapeutes et des coachs qui font de l’excellent travail en accompagnant très bien leurs clients. Ceux-ci obtiennent d’excellents résultats.

Demandez des références à vos proches, à vos amis, aux personnes qui sont satisfaites des services qu’elles ont reçus, aux professionnels de la santé que vous rencontrez. Demandez à la personne avec qui vous voulez faire affaire de vous dire où elle a été formée. Appelez l’association professionnelle dont elle fait partie. Informez-vous sur l’approche qu’elle utilise, écoutez votre sentiment intérieur et si vous avez un doute, n’y allez pas.

Si vous croyez que vous avez besoin d’un accompagnement nécessitant des compétences en santé mentale ou en psychothérapie, référez-vous à l’OPQ parce que vous devrez, à un moment donné, prendre la responsabilité des choix que vous faites. Encore là, fiez vous à votre ressentit…

Rien ne garantit qu’un professionnel licencié vous satisfera ni ne fera de bévue…

 

L’article en question, faite votre propre opinion

http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits-divers/faits-divers/201802/14/01-5153923-une-naturopathe-coupable-davoir-usurpe-le-titre-de-psychotherapeute.php

 

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